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vendredi 11 mai 2007

Que faire pour baisser le chômage en Gaule ?


La question du chômage n’a pas été au premier plan de l’élection du chef gaulois, mais les lecteurs de ce blog sont susceptibles de vouloir en savoir un peu plus sur ce que pensent les zeconomix sur ce sujet. Ce billet a pour ambition de faire le tour des positions des économistes gaulois sur la question. Car le fait est qu'ils ne sont pas d’accord ni sur le diagnostic, ni sur les solutions, ni même sur leur mise en pratique. Il vaut donc la peine de faire un rapide survol des différentes visions du marché du travail français. Mille excuses d’avance si je mélange des chercheurs reconnus avec d’autres qui ne participent pas vraiment à la démarche scientifique d’évaluation par leurs pairs. L’important est de pouvoir faire un tour d’horizon de tous ceux qui influencent le débat public français. Ce post vise à confronter ces différentes analyses (ce qui est encore trop rare dans la blogosphère gallo-romaine : la plupart des blogs/sites ayant tendance à mettre en avant l’explication qu’ils trouvent la plus plausible) pour faire émerger les points de consensus et les raisons qui expliquent les divergences.

Grosso modo, on peut distinguer quatre grands courants d'analyse du chômage parmi les économistes français : un courant d’origine marxiste en perte de vitesse, mais longtemps dominant, un courant néo-keynésien bien établi, un courant favorisant le partage du travail et un ensemble que l’on qualifiera d’académique, au sens où il est représenté par des universitaires qui publient dans des revues internationales. Ce dernier groupe est lui-même traversé par des visions assez différentes sur les causes majeures du chômage en Europe. A ces quatre grands « courants », il faut rajouter un autre, plutôt minoritaire, dans la mesure où il conteste l’existence-même d’un problème de chômage dans notre pays.

1/ La contestation du problème du chômage : il existe un courant (très minoritaire) qui conteste l’existence d’un problème de chômage en France, ou au moins l’existence d’un problème spécifiquement Français du chômage. Un exemple peut être trouvé sur ce site ou dans certaines publications d’Attac. Le message est en substance celui-ci : tous les pays du monde ont du chômage et les pays qui en ont moins officiellement (US, UK, Pays-Bas et Pays Scandinaves) masquent leur vrai taux de chômage avec un taux d’emprisonnement élevé, du travail à temps partiel surdimensionné, ou des systèmes d’indemnisation de l'invalidité très généreux. Au final, le message est plutôt qu’il n’y a pas vraiment de problème d’emploi en France et que parler du problème du chômage constitue avant tout un moyen d'opprimer les salariés et de revenirs sur un certains nombre d'acquis sociaux.

2/ L’analyse néo-marxiste : c’est la vision défendue par de nombreux membres de la Fondation Copernic et certains chercheurs à l’IRES, à commencer par le plus prolixe d’entre eux : Michel Husson. D'après cette cette vision, l’économie n'est rien d'autre que le combat fondamental entre deux forces antagonistes - les salariés d'un côté et les patrons de l'autre - autour du partage de la valeur ajoutée. C'est en se mobilisant et en parvenant à faire pression par la grève sur les patrons oppresseurs que les salariés peuvent espérer obtenir un partage plus favorable et donc obtenir davantage d’emploi et de meilleurs salaires. Dans cette perspective, la faiblesse des syndicats, la puissance de la finance, l’Union européenne sont autant d'entraves à ces revendications. Pour changer le partage de la valeur ajoutée, il faut taxer les patrons, augmenter les charges patronales, augmenter l’impôt sur les sociétés, voire interdire les licenciements. Les syndicats français, en grande partie, se réclament ouvertement de cette tendance et perçoivent leur objectif prioritaire comme la "lutte" contre les patrons-employeurs.

3/ La vision macroéconomique néo-keynésienne : ce courant, probablement dominant dans la gauche française et représenté institutionnellement par l’OFCE (Jean-Paul Fitoussi, Henri Sterdyniak) défend l’idée que le chômage est avant tout un problème macroéconomique : il n’y a pas assez de croissance en Europe, et en France en particulier. L'une des causes essentielles de cette « croissance molle » est à chercher du côté de la politique la BCE et des sacrifices consentis au cours du processus qui a conduit à l’unification monétaire européenne (politique monétaire trop stricte, restrictions imposées au déficit public). Ce courant considère les réformes sur le marché du travail comme totalement inefficaces, ou négligeables par rapport aux leviers traditionnels de la politique économique : les politiques monétaire et budgétaire. D'après cette vision, le salut pourrait provenir d’une modification des statuts de la BCE (une antienne abondamment reprise par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy lors de discours récents), qui autoriserait une politique monétaire plus laxiste et de plus grandes marges de manoeuvre budgétaires.

4/ La vision malthusienne du marché du travail: Un large courant considère que le problème essentiel du chômage est avant tout un problème de répartition de l’emploi. Certains travaillent trop, trop longtemps, alors que d’autres cherchent du travail. Il suffit donc de baisser les heures travaillées, d’abaisser l’âge de la retraite, de mettre en place des préretraites pour lutter contre le chômage : en somme, partager le travail. Ce courant a été dominant en France depuis une trentaine d’année, à droite comme à gauche : la droite préfère inciter les femmes à retourner à leurs foyers et renvoyer les immigrés « chez eux » ; la gauche plaide quant à elle pour une baisse du temps de travail hebdomadaire et la mise en place de préretraites. Cette vision est également partagée de manière caricaturale par l'extrême droite française («3 millions d’immigrés, 3 millions de chômeurs »). L'idée fondamentale qui sous-tend cette vision est que l'emploi est un gâteau dont la taille est donnée et qu'il faut partager équitablement, ce qui donne des raisons d'être optimiste à moyen terme : avec les départs en retraite des générations du baby-boom, nous devrions assister à la disparition progressive du chômage, nous disent les économistes de ce courant de pensée, à l'image du mensuel Alternatives Economiques, qui consacra la une du numéro n°243 du mois de janvier 2006 au thème « Chômage : pourquoi il va encore baisser »


L'argument défendu par les journalistes d'Alter eco est que le vieillissement démographique va mécaniquement faire baisser la part de la population active (pourvu que l’on ne mette pas en place de réformes des retraites incitant à repousser l'âge de départ en retraite).

5/ La vision "académique" : a côté de ces trois ou quatre grands courants du discours économique en France, il existe le monde de la recherche universitaire. Il est intéressant de noter que les 4 courants que je viens d'évoquer sont dominants en France, tant dans la formation des élites administratives et journalistiques que des dirigeants syndicaux. Le discours universitaire, à l’image des universités françaises, est marginal dans le débat public. Pour autant, existe-t-il un consensus sur les causes du chômage en France au sein-même du monde académique ? Au vu des positions variées des universitaires pendant la campagne présidentielle, force est de reconnaître que non. On peut distinguer un certain nombre de visions différentes, pas forcément opposées, mais qui impliquent des priorités de réformes différentes. Sans surprises, ces différentes explications du chômage privilégient tantôt les facteurs affectant l'offre de travail (du côté des salariés), tantôt les facteurs affectant la demande (du côté des entreprises), tantôt des facteurs qu'on peut qualifier de "structurels".

A/ Du côté de l'offre de travail :

Un ensemble de facteurs sont susceptibles d'expliquer que de nombreuses personnes soit de parviennent pas à trouver un emploi, soit préfèrent rester au chômage plutôt que de reprendre une activité salariée :
  • Dans la plupart des pays développés, on assiste depuis le début des années 1980 à une baisse tendancielle de la demande de travail non qualifié de la part des entreprises. Plusieurs facteurs sont fréquemment mis en avant : progrès technologique "biaisé" en faveur du travail qualifié, ouverture commerciale qui pénalise les travailleurs les moins diplômés ou encore changements organisationnels (décentralisation des tâches, travail en équipes) qui se font au détriment de la main-d'oeuvre peu qualifiée. Pour adapter la structure des qualifications à cette évolution de la demande, il faudrait investir massivement dans la formation professionnelle en direction des publics les plus fragiles, en s'inspirant de dispositifs mis en place dans certains pays scandinaves (en Suède en particulier). Plus généralement, les économistes qui partagent cette vision militent pour des réformes s'inspirant des exemples suédois ou britannique (à l'image des New deals mis en place par le gouvernement de Tony Blair : pour les jeunes, les vieux, les mères célibataires, etc.) et qui combinent aides à la recherche d’emploi (avec un savant dosage d'incitations et de sanctions), formation professionnelle et emplois subventionnés en direction de publics ciblés.
  • Parmi les facteurs susceptibles d'expliquer que certains individus préfèrent rester au chômage plutôt que reprendre un emploi, de nombreux économistes insistent sur l'existence de "trappes à chômage". Parce que la reprise d'un emploi est souvent associée à la perte de transferts sociaux (RMI, allocation parent isolé, CMU, etc.), le gain monétaire qui lui est associée peut être relativement faible et peu incitatif pour toute une frange de la population (les mères célibataires, en particulier). Pour y remédier, il faut mettre en place des politiques susceptibles de faire en sorte que le "travail paie", à l'aide d'outils tels que l'"impôt négatif", dont la Prime pour l'Emploi constitue une version miniature.
  • La réforme de l’assurance chômage : toujours du côté de l'offre de travail, de nombreux économistes ont longtemps considéré que la générosité des allocations chômage (qui consiste en un revenu de remplacement pour les chômeurs) pouvait nuire au retour à l'emploi des personnes au chômage, en retardant le moment où elles acceptent de reprendre un emploi. Initialement, ces économistes plaidaient pour la réduction pure et simple du montant de ces allocations. Le message s’est ensuite précisé lorsqu'un certain nombre d'études ont mis en évidence que la sensibilité du timing de la reprise d'emploi au montant des indemnités chômage était forte surtout pour les travailleurs qualifiés, touchant des revenus élevés, un tel résultat justifiant plutôt un abaissement du plafond des allocations chômage qu'une diminution généralisée de leur montant. Enfin, la comparaison avec les pays nordiques a encore modifié l'analyse, en montrant que le montant des allocations chômage n’avait aucun effet négatif sur la durée du chômage, pour autant que le contrôle de la recherche d’emploi était réalisé de façon efficace et que des sanctions financières étaient appliquées en cas de manquement. A partir de ce constat, les mesures proposées divergent: Jacques Attali et Vincent Champain suggèrent d'aller dans le sens du soutien aux chômeurs, Pierre Cahuc propose de réformer le service public de l'emploi en fusionnant l'ANPE et l'Unedic afin de favoriser simultanément l'aide et le contrôle de la recherche d'emploi.

B/ Du côté de la demande de travail :

A côté des facteurs d'offre de travail mis en avant pour expliquer l'importance du chômage en France, d'autres facteurs sont fréquement invoqués pour justifier la faiblesse de la demande de travail :
  • Le coût du Smic est fréquemment cité au banc des accusés : la hausse très forte du Smic entre 1968 et 1984, conjuguée à l'accroissement considérable des taux de cotisations sociales pour financer la protection sociale en a fait un suspect important dans l’explication de la hausse du chômage des travailleurs non qualifiés et des jeunes pendant la même période. Le débat s'est cristallisé en France autour de l'évaluation de l'impact sur le chômage des mesures d'allègement de charges mises en place par la droite et la gauche depuis le milieu des années 1990 pour réduire le coût du travail des salariés non qualifiés, c'est-à-dire ceux dont l'emploi est le plus sensible au coût. Parmi les économistes partisans de telles mesures, citons Bernard Salanié, Etienne Lehmann, Pierre Cahuc et Thomas Piketty. A l'inverse, certains sont farouchement opposés à ces mesures, à l'image d'un Michel Husson ou d'un Henri Sterdyniak. Certains économistes ont une position plus nuancée, tels Yannick L'Horty qui, tout en soulignant l'impact positif très net des politiques de baisse du coût du travail, en pointe aussi les fragilités (complexité du système, effets de substitution, annulation de l'impact positif des baisses de charges du fait de l'augmentation simultanée du Smic brut, etc.). Pour de plus amples détail, voir le court article de L'Horty dans la nouvelle revue Regards croisés sur l'économie.
  • Pour expliquer la faiblesse de la demande de travail dans certains secteurs, par comparaison avec la structure des emplois de nos voisins, certains économistes incriminent le manque de concurrence sur le marché des biens et services : cette vision repose sur des analyses assez robustes qui ont montré que les réglementations visant à protéger certaines professions (petit commerce, taxis…) se sont traduites par un déficit d’emploi (et de croissance) important. Un des économistes français qui insiste le plus sur cet aspect est Philippe Askenazy. Dans la même veine, citons également le rapport Cahuc-Kramarz.

C/ Autre facteurs structurels :
  • La flexibilité du marché du travail : le succès de pays comme les Pays-Bas, le Danemark ou la Suède dans la lutte contre le chômage a mis en lumière ces dernières années que le marché du travail dans ces pays fonctionnait de façon sensiblement différente du marché du travail français. On peut retenir deux faits majeurs : des contrats de travail plus flexibles, c’est-à-dire une plus grande facilité pour licencier des salariés et une assurance chômage généreuse, mais contrôlée. En parallèle, la vision théorique du marché du travail a été révolutionnée par le développement des modèles dits de search (le marché du travail est caractérisé par d'importantes frictions provenant du processus de création/destruction d'emplois). Ces théories ont souligné par exemple l'effet pervers des fortes entraves mises au processus licenciement des salariés, en montrant qu'elles ont pour effet de diminuer les embauches. Bien qu'une forte protectionde l'emploi ait un effet généralement indéterminé sur le taux de chômage, elle a tendance à entraîner un stock de chômeurs de longue durée qui reste durablement exclus du marché de l'emploi. Dans cette veine, certains économistes ont pu recommander de "libéraliser le marché du travail" (comme un Gilles Saint-Paul) pour le rapprocher d'un idéal anglo-saxon. Mais d'autres économistes avaient plutôt en tête le succès du modèle nordique en soutenant des politiques visant à favoriser la flexibilité du marché du travail en échange d'une couverture élevée. Pierre Cahuc ou Olivier Blanchard sont parmi les principaux défenseurs de telles politiques en France.
  • Le dialogue social: Une littérature macroéconomique maintenant un peu ancienne s'est consacrée à l'analayse les relations entre chômage et mode de négociation des salaires. La conclusion de ces chercheurs était qu'il fallait soit une négociation décentralisée (type pays anglo-saxons) soit une négociation centralisée (type pays nordiques) pour minimiser l'impact négatif des négociations salariales sur l'emploi, mais que le modèle continental mixte était néfaste pour l'emploi. Dans le même ordre d'idées, Thomas Philippon et son coauteur Olivier Blanchard (on notera au passage que ces deux économistes pas voté pas pour le même candidat !) ont produit des travaux tendant à montrer que la qualité du dialogue social avait une influence directe sur le taux de chômage.
  • Les contraintes de crédit : un certain nombre d'économistes soulignent que l'investissement industriel, et donc la croissance et la création d'emplois, est très dépendant de la capacité des entreprises à financer ces investissements. Or un certain nombre d'études empiriques montrent, par exemple, que certaines entreprises (notamment les PME) ne parviennent pas à obtenir les financements qu'elles souhaiteraient. Les politiques visant à remédier à ce problème vont de l'intensification de la concurrence sur le marché bancaire (telle qu'elle est préconisée par la Commission européenne), aux interventions de l'Etat pour améliorer le financement des PME (tel le Codevi en France), en passant par l'accélération du mouvement de financiarisation de l'écononomie ou encore la lutte contre les abus de position dominante. Un économiste comme Philippe Aghion a ainsi été très en pointe récemment pour souligner la nécessité d'une concurrence accrue sur le marché du crédit. Citons également cet article d'Etienne Wasmer.

Evidemment, cette tentative de classification a ses limites : la plupart des économistes ne considèrent pas que le chômage français ait une cause unique et peuvent souscrire à plusieurs des visions évoquées ci-dessus. Si l'on souhaitait proposer une classification plus large encore, on pourrait ranger les visions évoquées ci-dessus dans deux grandes catégories : ceux qui privilégient une vision macro (la faute à la BCE, à une politique budgétaire trop stricte...) et ceux qui pensent que ce sont les institutions - niveau micro - (Smic, contrat de travail, assurance chômage) qui ne sont pas adéquates.

Alors, me direz-vous : qui a raison ? Ce blog va proposer au fil de son existence de passer en revue les faits et les arguments qui sous-tendent chacune de ces visions. Au lecteur de juger celles qui passent le test. On vous promet la réponse avant l’élection présidentielle de… 2012 !

9 commentaires:

PAC a dit…

Excellent article. Je me permets de signaler une petite coquille au début de la partie sur la vision académique du chômage, vous avez écrit qu'on assistait à une baisse tendantielle de la demande de travail qualifié alors que c'est plutôt une baisse de la demande de travail non qualifié. Par ailleurs, le progrès technique n'est pas "baisé" mais "biaisé" (joli lapsus ceci dit).

Vous dites que la Prime pour l'emploi est une version miniature de l'impôt négatif. D'après ce que j'avais pu lire dans le journal (je ne sais plus trop où), au début en effet (dans la version Jospin 2001), la PPE concernait peu de personnes, mais le dispositif a été élargi chaque année et concerne de plus en plus de gens.

Enfin sur le fond, il me semble qu'on pourrait ajouter une autre famille d'explication autour de l'idée du coût de la recherche d'emploi (dans un sens très général).

- L'une des choses que mettent en avant les défenseurs du modèle danois, c'est qu'au Danemark, on met beaucoup à la disposition des chômeurs : une personne qui les suit régulièrement, un accès à internet facile…

- Je metterais dans la même famille des modèles d'économie urbaine mettant en avant le coût de la recherche d'emploi (par exemple le coût de transport… ) ou encore les recherches d'Andrew Oswald sur le lien entre marché de l'immobilier et marché du travail. L'idée étant que pour retrouver un travail, il faut aussi être mobile et être prêt à changer de ville, de région…

Petitsuix a dit…

@PAC: Les coquilles sont corrigées. Merci de nous les avoir signalées.

Sur l'idée du coût de la recherche d'emploi, je vous suis totalement. En fait, on aurait pu rassembler sous le vocable d'appariement sur le marché du travail toutes les questions concernant l'adequation de l'offre et de la demande d'emploi (coût de la recherche d'emploi, réforme de l'assurance, chomage...).

Une autre classification pourrait être possible selon les leviers de la politique économique: ainsi, la fiscalité peut jouer à travers des baisses de charge; la réforme de l'assurance chomage regrouperait là à la fois les aides aux chômeurs, le montant et de la durée des allocations, le contrôle de la recherche d'emploi; la politique de la concurrence concernerait les politiques visant à libéraliser certaines professions régulées, à libéraliser le secteur de la distribution, à lutter contre les contraintes de crédit...

Enfin citons aussi un point oublié dans notre bref panorama qui est la formation professionnelle, l'amélioration des liens entre système éducatif et monde de l'emploi et le problème particulier de la tranche de jeunes qui sortent du système éducatif sans qualification.

RF a dit…

Enfin un message qui permet de sortir des dogmes type responsabilite intellectuelle vs solidarite envers et contre tout.

Je m'ose a deux commentaires:

1. Blanchard (1990?) a aussi applique le concept d'"hysterese" au marche de l'emploi - en gros les chocs et pics de chomage font que le taux de chomage se "deforme" et n'atteint plus son niveau anterieur au choc enregistre. Theorie empruntee a la physique des solides il me semble. Cette theorie a-t-elle connu des developpements fructueux ?

2. Il me semble tout de meme qu'il y a dans l'attitude des politiques et des economistes a se refugier derriere des discours "pragmatiques" - les chomeurs ne veulent pas bosser dans le batiment, forcons-les - une tentative de faire passer en douce des reformes impopulaires car diminuant en tout premier lieu le bien-etre du travailleur. Avez-vous entendu le MEDEF defendre la concurrence dans le marche du credit ? Personnellement, non. Alors que l'effet benefique serait probablement bien plus important qu'un enieme allegement de charges. C'est la ou je critique les economistes actuels, c'est que les "recettes qui marchent" ne mesurent pas assez les impacts sur capital et travail.
Les neo-marxistes ont trouve une autre arme, la lutte contre l'actionnaire et non contre le patron, comme avec le SLAM, propose par Frederic Lordon

david a dit…

Tout d'abord merci pour ce post tres instructif. Je suis tout de meme etonne de votre affirmation selon laquelle les pistes evoquees par les "academiques" (peut on parler d'approche micro economique dans ce dernier cas ?) sont tres peu entendues. On entend quand meme beaucoup dans les media le discours de liberlisation du marche du travail, qui ne rentre pas vraiment dans une des 4 premieres approches, et plus finalement dans la 5e, non ?

Sinon, lorsque l'on compare le chomage entre les pays, j'ai quand meme l'impression qu'il s'agit d'un domaine tres complexe pour le neophyte. Un exemple : on vante un peu partout le systeme des Royaumes Unis pour le marche du travail, que l'on contraste avec les 35 heures qui couteraient des milliers d'emploi en France. En meme temps, on peut voir que le nombre d'heures travaillees ne different guere entre les deux pays (selon Eurostat par exemple). Alors est-ce que cette comparaison, qui rejoint un peu "ceux qui contestent le chomage", n'est pas pertinente ? Est-il pris en compte par les academiques ?

J'espere que l'on pourra trouver ces points discutes dans un prochain article !

Petitsuix a dit…

@David: Sur le point de vue des "academiques", il faut noter deux choses. D'abord, la denomination "academique" n'est pas tres heureuse. Nous n'avons pas trouve mieux pour rassembler un ensemble d'explications qui sans forcement faire consensus, rassemblent les economistes qui publient dans les revues a comite de lecture. Est-ce qu'il s'agit de micro-economistes ? Pas seulement, tous les travaux de Blanchard, Philippon, Layard and co sont avant tout des travaux de macroeconomistes. Est-ce qu'ils sont sous-representes ? Peut-etre pas tant que ca, mais j'ai l'impression que les discours non academiques sont sur representes dans la presse et dans le milieu politique par rapport a la place qu'elles ont dans le debat academique (c'est une impression personnelle).

Enfin la question de la comparaison des taux de chomage entre pays est essentielle. Et nous y reviendrons dans un prochain article. La difficulte est qu'Ecopublix souhaite reprendre ces donnees a la source pour pouvoir expliquer avec assurance qu'elles sont les faits indiscutables et d'ou peuvent provenir les debats. Nous essayons systematiquement de verifier les donnees que nous presentons et les confronter a diverses sources. Cela demande un peu de travail. En esperant que vous aurez la patience d'attendre jusque la...

david a dit…

Concernant la denomination "academique", j e ne la trouve pas si malheureuse que ca, du moins c'est bien comme "ensemble de la communaute des economistes publiant dans des journaux a peer review" que je l'avais comprise.

Sur le fait que le discours non academique soit surrepresente dans les media traditionels, ca n'est pas propre a l'economie. Mais je crois que c'est assez normal, quelque part (voire plutot sain, car un discours essentiellement academique a facilement tendance a tomber dans le scientisme... Mais on s'eloing completement du sujet, la)

coco a dit…

Impatiente de lire vos analyses de la contestation du chômage (qui ne serait donc qu'une "création" théorique destinée exclusivement à opprimer les salariés), soit, la position attacienne. A vrai dire ça devrait être votre priorité vu l'importance de cette vision à gauche (y compris au PS).

Anonyme a dit…

Il y a une explication du chômage très populaire dont vous ne parlez pas : les délocalisations et la concurrence étrangère.

Petitsuix a dit…

Tres juste, j'avais oublie cette explication. Elle est plus recente que celles donnees depuis la forte hausse du chomage dans les annees 70, mais elle est tres populaire aujourd'hui (y compris aux EU "the sucking sound" des emplois aspires par la Chine...).

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